Publié le 26 Août 2009

Trouvant ses origines dans les théories visuelles de Kandinsky et dans les travaux du Bauhaus, l'Op-art est un mouvement pictural des années 60, dont le plus connu des grands maître est Victor Vasarely. Si vous vivez en France depuis plus de 20 ans, vous ne connaissez peut-être pas ce nom, mais vous connaissez forcément ses peintures: elles ont couvert les arrêts de bus et le dos des panneaux publicitaires pendant des années. C'est d'ailleurs lui qui a réactualisé le logo Renault en 1972. Et c'est de là que vient le problème de l'Op art.

Victor Vasarely, "Vega Nor", 1969.

Op art est le diminutif de "Optical art". L'objectif de ses contributeurs visait à générer des sensations visuelles inédites en associant des formes géométriques et des couleurs. En associant par exemple des courbes noires et blanches de courbures et d'épaisseurs variables, Vasarely a créé "Zebra" (1938): un ensemble de rayures d'où semble émerger un zèbre en relief. L'Op art est souvent très proche de l'illusion d'optique: l'assemblage des formes, des couleurs et des contrastes provoque des réactions rétiniennes qui donnent l'illusion de mouvements, d'ondulations, de flashs ou de scintillements.

C'est en 1965 que l'Op art a vraiment explosé, suite à une exposition au MoMA de New-York intitulée "L'oeil réceptif". Et c'est alors que ce mouvement abstrait a connu un succès planétaire. Tellement planétaire et tellement dans l'air du temps des années 60 qu'il a immédiatement été récupéré par le design et la mode: arrêts de bus, panneaux publicitaires, décoration d'intérieur, robes, sac à mains, lunettes, parapluies, papier peint... Tout comme de nombreuses stars de l'époque, l'op-art s'est etouffé dans son vomi après une overdose. De "tellement fashion", il est passé à "trop kitsch" et la mode a tourné. Aujourd'hui encore, le terme "op art" est abusivement utilisé pour des miliers de produits qui n'ont d'"Optique" que leur platitude.

Bridget Riley, "Loss".

Même si ce mouvement artistique semble avoir perdu de sa fougue, ses idées maîtresses restent d'actualité et de jeunes créatifs s'en inspirent régulièrement pour faire leurs gammes. Comme ces jeunes artistes sont souvent des bidouilleurs du multimédia, il ne serait pas surprenant qu'un jour l'un d'eux réinjecte un peu de nouveauté en exploitant de nouvelles technologies. L'Op art n'est pas mort, il est juste en sommeil.

Gene Davis, "Solar Skin", 1964.

Pour continuer la promenade, voici une liste (par ordre chronologique de leur date de naissance) des grands noms associés à l'Op art, avec quelques liens vers des oeuvres facilement visibles dans des lieux publics grâce à Google Maps:

- Alexander Calder (1898-1976), "L'homme" à Montréal, "Les trois pics" devant la gare de Grenoble, "L'araignée rouge" sur le parvis de la Défence à Paris.

- Victor Vasarely (1906-1997), Fondation Vasarely à Aix-en-Provence.

- Zanis Waldheims (1909-1993).

- Nicolas Schöffer (1912-1992), un site complet, la "Tour lumière cybernétique" de Lyon (place d'Arsonval).

- Gene Davis (1920-1985).

- Jesus Rafael Soto (1922-2005), site officiel.

- Carlos Cruz-Diez (1923-), site officiel, "Colonne chromointerférente" au collège des gondoliers de la Roche-sur-Yon, "Fisicromia" à Madrid, "Physichromie" sur la place du Vénézuela à Paris 16.

- Almir Mavignier (1925-).

- Yaacov Agam (1928-), le "Kinetic Hall" au centre Pompidou à Paris (ancienne antichambre installée par Pompidou à l'Elysée), la fontaine musicale monumentale de la Défence à Paris, "la Tente" à la Faculté des Sciences "Mirande" de Dijon.

- Julio Le Parc (1928-), site officiel.

- Richard Anuszkiewicz (1930-), fresque à l'aéroport Reagan de Washington.

- Bridget Riley (1931-), 30 oeuvres (1961-2000).

- Frank Stella (1936-).

- Larry Poons (1937-).

- Daniel Buren (1938-), "Les Anneaux" sur le quai des Antilles à Nantes, Le "Parc des célestins" à Lyon.

- Youri Messen-Jaschin (1941-).