Web 2.0: les signes d'une évolution très proche.

Publié le 27 Septembre 2007

Un blog n'est pas un vrai blog si on n'y parle jamais d'internet. Non, pas l'internet au sens des sites intéressants à voir, mais internet: le système, le principe, la blogosphère, la communauté mondiale avec ses liens intercontinentaux qui nous rapprochent et nous font communier dans une joyeuse allégresse. L'internet au sens de la grande farandole que nous promettent les acteurs de l'e-économie et les business-man de la box communicante.

Le web 2.0, c'était enfin l'interactivité: finies les pages statiques nécessitant un doctorat en HTML pour pouvoir dire quelquechose. L'internaute 2.0 pouvait s'exprimer, transmettre ses passions, exprimer ses opinions, échanger, partager et se lier à l'ensemble de la communauté. Chacun devenait le tout et l'union irriguait chacun d'un souffle créateur. Une communion façon Woodstock, qui, comme les pantalons patt'd'ef, a passé de mode: les ambitions de pouvoir ont ressurgi de la nature humaine, le désir d'influence est devenu un marché, l'espoir de monétisation est omniprésent. Chasse aux visiteurs, référencement à outrance, GoogleAds entre les mots: le web 2.0 s'étouffe de s'être trop gavé.

Ce constat est d'actualité dans nombre de sites et blogs très aware, et un ménage viendra. Sous quelle forme ? On ne sait pas, c'est sans doute Google qui décidera. Mais il est quand même surprenant de tomber nez à nez avec des preuves de cet étouffement. Par exemple, prenons les digg-like: les sites où on balance une news avec un lien pour en faire profiter la communauté. On comparera ici Digg.com et Scoopeo.com, un anglophone et un francophone (cliquez sur les images pour accéder aux articles originaux).

L'idée de départ des digg-like est intéressante pour le lecteur car il voit des nouveautés et peut en faire profiter tout le monde. Par exemple, la saison 19 des Simpsons est annoncée sur Digg comme étant la suite du film:

simpsonus.jpg
Cette news a beaucoup de succès là-bas et un francophone la voit et décide d'en faire profiter ses camarades (en utilisant le même lien, cela va de soi):

simpsonfr.jpg
29 minutes après être devenue populaire aux US, elle était transmise en France: on va rarement plus vite en terme d'information.

De la même manière quelqu'un voit dans le top 10 de Digg un lien vers une simulation de ce à quoi ressemblera la Terre dans 250 millions d'années:

earth250us.jpg
Cette personne trouve cela surprenant et en fait profiter la communauté francophone, seulement 19 heures plus tard (c'était peut-être pas assez sexy):

earth250fr.jpg
Cette chaîne de transmission de l'information est tellement rapide, qu'une news devenue populaire sur Digg lundi à 1h40 peut apparaître sur un blog à 7h00 du matin, blog qui sera cité à 8h00 sur Scoopeo:

gigabyteus.jpggigabytefr.jpg
Bien sûr, toutes ces news sont forcément des trucs passionants, qui méritent qu'on les relaie au pas de charge pour que tout le monde en profite. Et comme elles sont populaires sur Digg, elles seront forcément populaires ailleurs ! Et c'est là qu'apparaissent les biais du web 2.0: "si une news est populaire sur Digg, j'ai intérêt à la mettre sur mon blog dès qu'elle apparait pour en faire un scoop sur un autre digg-like pour que ca me ramène plein de visiteurs".

Par exemple, cette vidéo immonde d'une présentatrice qui vomit en direct devient populaire sur Digg:

vomitus.jpg
Deux heures après elle est hébergée sur un blog, qui la propose sur Scoopeo: les visiteurs en tombent amoureux et votent intensément si bien qu'elle devient populaire en moins d'une heure:

vomitfr.jpg
Pourquoi ne pas proposer un lien direct vers la vidéo puisqu'elle est déjà en ligne ? Pour que les visiteurs aillent sur le blog et non sur le site qui hébergeait la vidéo à l'origine. C'est ce que certains appellent une politique éditoriale. Mais cet exemple n'est rien devant certaines dérives, qui frôlent visiblement le plagiat malsain. L'exemple est frappant et se passe de commentaires (cliquez sur les images pour accéder aux articles):

gmailus.jpggmailfr.jpg
4 heures pour faire une traduction parfois douteuse, réorganiser un peu l'ordre des 10 souhaits et changer les images sans jamais citer la source tout en parlant à la première personne: c'est très fort. C'est peut-être par-là que commencera le ménage du web 2.0: le respect de la propriété intellectuelle.

Essayez vous-mêmes: allez sur digg.com et sur scoopeo.com, chaque jour vous trouverez des news en doublon.

Rédigé par J...

Commenter cet article

Aurélien 18/03/2009 01:49

Trop fort ! Je savais bien que c'était courant ce genre de choses, mais le dernier il est balaise !

C'est à te dégouter des digg-like, après faut pas forcément cracher dessus y'a quand même de la vraie info ;)

georgette 02/10/2007 09:23

la communauté mondiale avec ses liens intercontinentaux qui nous rapproche et nous font communier dans une joyeuse allllégggressse ???

.... mais c'est le bistro !!!!

J... 30/09/2007 16:21

Voici encore un bel exemple des choses qu'on aimerait ne plus voir sur le web:

http://www.lesvacancesalamine.com/?p=122

emoc 28/09/2007 01:14

Toi ici, transformes la vague 2.0 en tsunami de buzzs crétins. Voila le bizness plan que je te propose pour profiter du nouvel eldorado : un blog maquetté avec les pieds gonflé aux google adwords, des liens en bas de chaque billet vers tous les digg-like possibles et imaginables, quelques sites à qui repiquer des idées / recopier des "news" technologiques déjà repompées des communiquées de presse / des recettes pour devenir un killer du webmarketing copiées collées chez les autres killers du webmarketing / des lol vidéos futiles trrrrrop mdr / un peu d'interactivité : "et toi, fidèle lecteur influé, plutot tartine ou biscottes? plutot digg ou scoopeo?" / rajoutes une louche de parasitisme intensif sur les blogs de tes comparses "influents" tu vas pouvoir te faire une place tout en haut de la vague des vip du gueublo!