Couleurs cachées de l'Europe et des USA

Publié le 5 Octobre 2009

Dans des articles récents dédiés à la musique cachée des grands peintres et la musique cachée de l'Op-art, on a vu comment une image pouvait être transformée en une musique. Dans un commentaire, un habitué du Youtube à J... a demandé à voir ce que donne la transformée inverse, à savoir quelles sont les couleurs que génère une musique. Sitôt dit, sitôt fait, J... a écrit le code correspondant (c'est quand même vachement bien Processing !).

Mais le résultat est plutôt décevant... Et oui, transformer une musique en images ou en couleurs, ca se fait depuis 50 ans: c'est le principe de l'equaliseur. Et depuis le développement du multimédia, c'est ce que font tous les économiseurs d'écran des logiciels d'écoute de musique... Mais bon, puisque la question a été posée, voici le résultat. Ici, l'hymne européen et l'hymne américain sont comparés. Ils ont été traités avec le même code et il est très surprenant de voir que les couleurs générées sont effectivement différentes.



Certes, ces deux hymnes sont très différents:
- l'hymne européen joue essentiellement avec les cuivres, les violons et quelques hautbois (??? J... voit mieux les couleurs qu'il n'entend les instruments...)
- l'hymne américain joue aussi avec des cuivres et des violons, mais il contient beaucoup plus de percussions et quelques envolées lyriques de harpes.

Mais ils ont quand même de nombreux points communs: la base cuivres et violons est dominante. Mais pourtant, ils ont des couleurs différentes: l'européen est bleuté alors que l'américain est oranger...

Etrange, affaire à suivre...

PS: Pourquoi avoir choisi les hymnes européen et américain ? Et nianiania et nianiania... Parce que ca représente 800 milions de visiteurs potentiels et que J... n'a trouvé ni l'hymne du Turkménistan oriental ni celui de la Nouvelle Papouasie.

Rédigé par J...

Publié dans #logiciels de création

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I. 10/10/2009 00:14


En fait le résultats doit dépendre de la note choisie pour une couleur donnée, non ? comment faites vous la correspondance entre une image à 2 dimensions et un ensemble de sons ?
I.


J... 10/10/2009 16:50


Oui, I., vous avez raison, la couleur dépend de la note, donc de la fréquence car une note dans la gamme correspond à une fréquence. Par exemple, le LA a une fréquence de 440 Hz. Et tous les
copains du LA ont d'autres fréquences: 110, 220, 880..... et plein d'autres intermédiaires.

Ici, on transforme le son en image: on identifie toutes les notes de la musique et on leur attribue une veleur entre 0 et 255: 0 si la note n'est pas jouée, 255 si elle est jouée très fort. Mais
cette valeur ne suffit pas à définir une couleur. Puisqu'une couleur est définie par trois composantes: rouge, vert et bleu, il faut associer trois notes pour avoir une couleur. Donc, si on prend
toutes les notes (plus ou moins fortes) qui composent un son à un instant t d'une musique, on obtient plusieurs couleurs. Ensuite on trace ces couleurs dans l'image...


I. 09/10/2009 20:02


Bonjour. Je suppose que le résultat dépend la note que vous associez à la couleur non ? et puis il y a le passage d'une image en 2 dimensions à un ensemble de sons. Pourriez vous expliquer comment
vous faites ?
I.


J... 09/10/2009 23:59


Hé bien, c'est très simple, somme toute.

A chaque instant (enfin, dans les mesures du possible d'un processeur d'ordinateur), la musique (à savoir l'ensemble des fréquences sonores qui constituent son spectre couvrant une gamme allant de
quelques Hertz à 22000 Hz en raison de la fréquence d'échantillonnage fixée ici à 44000 Hz) est décomposée en bandes de fréquences par une Transformée de Fourier. Pour aiser la visualisation, ce
découpage suit une loi logarithmique, permettant par la même occasion d'associer chaque bande ou série de bandes à une octave musicale. L'ensemble de ces bandes est alors réduit à une série
d'entiers, qui vont permettre de définir les couleurs. Les bandes sont ainsi regroupées par série de trois valeurs consécutives dans la gamme des fréquences. Par un astucieux algorithme de
normalisation des intensités des bandes, les valeurs associées à chaque bande sont normalisées pour les bijecter vers l'intervalle [0,255]. Les trois bandes consécutives sont alors utilisées pour
définir une couleur suivant le code RGB, qu'il serait insultant de décrire ici. A chaque groupe de trois bandes est alors associée une zone verticale de l'image où l'on trace alors un rectangle
dont la couleur correspond au code RGB précité. Le tracé des rectangles identifiant chaque triplé de bandes sur la totalité de la hauteur de l'image permet donc de dessiner une ligne verticale
colorée. Dans un second temps, mais toujours au même instant, le programme réalise une subtile translation horizontale dans le sens inverse des aiguilles d'un montre, tangentiellement à celle-ci à
12 heures. L'accumulation des instants, des transformées, des bijections, des associations et des translations donne au final cette douce fresque bigarrée aux couleurs purement musicale.

En résumé, tout ceci est très compliqué, comme l'est le bambou aux yeux de l'honorable novice.

En fait, différents codes donnent différentes images (d'ailleurs d'autres variations sont déjà dans les tiroirs), mais une chose est sure: deux musiques identiques traitées avec le même code
donneront les mêmes images. Donc, si les images sont différentes, c'est que les musiques sont différentes: ce n'est rien d'autre qu'une autre façon d'entendre la musique.

Cher (chère) I., reste connecté(e), le meilleur est à venir.

J...