Articles avec #who's who in bidouille ? tag

Publié le 17 Octobre 2010

Si vous suivez l'actualité scientifique, vous l'aurez appris: Benoit Mandelbrot est mort. Agé de 86 ans, le découvreur des fractales et de leur omniprésence s'est éteint à Cambridge le 14 octobre 2010.

 

Inutile de refaire ici sa biographie, puisqu'elle est régulièrement remise à jour sur Wikipédia.

 

Par contre, si vous voulez en savoir plus sur son travail, le mieux est de l'écouter directement. Voici donc le lien vers la conférence qu'il a donné le 28 juin 2000 dans la cadre de l'université de tous les savoirs. 71 minutes en français où Benoit Mandelbrot lui-même vous explique ce que sont les fractales, d'où elles viennent et où on les trouve.

 

Si le lien ne marche pas, suivez celui-ci, et tapez Mandelbrot dans le moteur de recherche, sa conférence s'appelle "L'anneau fractal de l'art à l'art à travers la géométrie, la finance et les sciences."

 

Publié le 26 Août 2009

Trouvant ses origines dans les théories visuelles de Kandinsky et dans les travaux du Bauhaus, l'Op-art est un mouvement pictural des années 60, dont le plus connu des grands maître est Victor Vasarely. Si vous vivez en France depuis plus de 20 ans, vous ne connaissez peut-être pas ce nom, mais vous connaissez forcément ses peintures: elles ont couvert les arrêts de bus et le dos des panneaux publicitaires pendant des années. C'est d'ailleurs lui qui a réactualisé le logo Renault en 1972. Et c'est de là que vient le problème de l'Op art.

Victor Vasarely, "Vega Nor", 1969.

Op art est le diminutif de "Optical art". L'objectif de ses contributeurs visait à générer des sensations visuelles inédites en associant des formes géométriques et des couleurs. En associant par exemple des courbes noires et blanches de courbures et d'épaisseurs variables, Vasarely a créé "Zebra" (1938): un ensemble de rayures d'où semble émerger un zèbre en relief. L'Op art est souvent très proche de l'illusion d'optique: l'assemblage des formes, des couleurs et des contrastes provoque des réactions rétiniennes qui donnent l'illusion de mouvements, d'ondulations, de flashs ou de scintillements.

C'est en 1965 que l'Op art a vraiment explosé, suite à une exposition au MoMA de New-York intitulée "L'oeil réceptif". Et c'est alors que ce mouvement abstrait a connu un succès planétaire. Tellement planétaire et tellement dans l'air du temps des années 60 qu'il a immédiatement été récupéré par le design et la mode: arrêts de bus, panneaux publicitaires, décoration d'intérieur, robes, sac à mains, lunettes, parapluies, papier peint... Tout comme de nombreuses stars de l'époque, l'op-art s'est etouffé dans son vomi après une overdose. De "tellement fashion", il est passé à "trop kitsch" et la mode a tourné. Aujourd'hui encore, le terme "op art" est abusivement utilisé pour des miliers de produits qui n'ont d'"Optique" que leur platitude.

Bridget Riley, "Loss".

Même si ce mouvement artistique semble avoir perdu de sa fougue, ses idées maîtresses restent d'actualité et de jeunes créatifs s'en inspirent régulièrement pour faire leurs gammes. Comme ces jeunes artistes sont souvent des bidouilleurs du multimédia, il ne serait pas surprenant qu'un jour l'un d'eux réinjecte un peu de nouveauté en exploitant de nouvelles technologies. L'Op art n'est pas mort, il est juste en sommeil.

Gene Davis, "Solar Skin", 1964.

Pour continuer la promenade, voici une liste (par ordre chronologique de leur date de naissance) des grands noms associés à l'Op art, avec quelques liens vers des oeuvres facilement visibles dans des lieux publics grâce à Google Maps:

- Alexander Calder (1898-1976), "L'homme" à Montréal, "Les trois pics" devant la gare de Grenoble, "L'araignée rouge" sur le parvis de la Défence à Paris.

- Victor Vasarely (1906-1997), Fondation Vasarely à Aix-en-Provence.

- Zanis Waldheims (1909-1993).

- Nicolas Schöffer (1912-1992), un site complet, la "Tour lumière cybernétique" de Lyon (place d'Arsonval).

- Gene Davis (1920-1985).

- Jesus Rafael Soto (1922-2005), site officiel.

- Carlos Cruz-Diez (1923-), site officiel, "Colonne chromointerférente" au collège des gondoliers de la Roche-sur-Yon, "Fisicromia" à Madrid, "Physichromie" sur la place du Vénézuela à Paris 16.

- Almir Mavignier (1925-).

- Yaacov Agam (1928-), le "Kinetic Hall" au centre Pompidou à Paris (ancienne antichambre installée par Pompidou à l'Elysée), la fontaine musicale monumentale de la Défence à Paris, "la Tente" à la Faculté des Sciences "Mirande" de Dijon.

- Julio Le Parc (1928-), site officiel.

- Richard Anuszkiewicz (1930-), fresque à l'aéroport Reagan de Washington.

- Bridget Riley (1931-), 30 oeuvres (1961-2000).

- Frank Stella (1936-).

- Larry Poons (1937-).

- Daniel Buren (1938-), "Les Anneaux" sur le quai des Antilles à Nantes, Le "Parc des célestins" à Lyon.

- Youri Messen-Jaschin (1941-).

Publié le 30 Novembre 2008

Quand un premier article sur Jeff SOTO amène un nouvel article sur Naoto Hattori et qu'Emoc laisse un commentaire sur Mark Ryden, il y a forcément un point commun...

Donc quel est le point commun entre Jeff SOTO, Naoto Hattori et Mark Ryden ?

Facile, c'est le Lowbrow ! Hein, quoi ? Le Lowbrow, c'est quoi, ça ? Le Lowbrow est un mouvement artistique que l'on peut plus clairement ranger dans la catégorie "Pop surréaliste". Ce mouvement underground est né dans les années 70 à Los Angeles, et s'inspire de l'iconographie des comics, de la musique punk, du street-art, du manga... Si parfois le Lowbrow est drôle par son côté caricatural, il est aussi souvent terrifiant par son côté nostalgique et auto-destructeur. Mais le plus intéressant dans ce mouvement bientôt quadragénaire, c'est que ses représentants les plus actifs sont des trentenaires !

Alors puisqu'ils méritent d'entrer dans le Who's Who des bidouilleurs, voici un tour d'horizon rapide des lowbrowistes, lowbrowers et autres surréalistes poppers...

- Alex Gross

Anthony Ausgang, "Cats cradle", 2007

- Anthony Ausgang

Audrey Kawasaki, "Itazura".

- Audrey Kawasaki

Camille Rose Garcia, "Owlple".

- Camille Rose Garcia

- David Plunkert

- Elizabeth Mc Grath

- Eric White

- Esao Andrews

- Gary Baseman

- Gary Panter

- Gary Taxali

- Jeff SOTO

- Joe Coleman

John John Jesse.

- John John Jesse

- Josh Agle

- Luke Chueh

Lori Earley, "The wish".

- Lori Earley

Marion Peck, "Block Party".

- Marion Peck

Mark Ryden.

- Mark Ryden

- Naoto Hattori

Ray Caesar.

- Ray Caesar

- Robert Williams

- Seonna Hong

Tara Mc Pherson.

- Tara Mc Pherson

- Todd Schorr

Publié le 20 Novembre 2008

Naoto Hattori est un jeune peintre japonais. Et il a le même âge que Jeff SOTO puisqu'il est aussi né en 1975. A croire que c'est une grande année... Il est sorti en 2000 de l'école d'arts visuels de New-York où il s'est spécialisé dans l'illustration.


Naoto Hattori, "Anumodana".

D'ailleurs, son âge n'est pas le seul point commun qu'il a avec Jeff SOTO: en effet, ils font tous deux partie du mouvement appelé "Lowbrow art" issu de Los Angeles, entre pop art et surréalisme. D'ailleurs quand on voit ses toiles, l'influence surréaliste est claire. Il y a parfois des petits airs de Dali, avec des formes dégoulinantes, des monstres et une inspiration des tableaux classiques.

Naoto Hattori, "Frog da breaker".


Naoto Hattori, "Inspiration".


Naoto Hattori, "Walking".


Il expose actuellement à la galerie Dorothy Circus à Rome. Alors, si vous passez par l'Italie, allez-y vite, il ne reviendra pas en Europe avant 2010...

Liens utiles:


- sa boutique en ligne
- son site

Publié le 16 Novembre 2008

Jeff SOTO est un jeune peintre américain à Riverside (Californie). Jeune puisqu'il est né en 1975 et puisqu'il est sorti en 2002 du centre d'art et de design de Pasadena.

Soto a commencé à peindre en faisant du graffiti pendant son adolescence et est d'ailleurs resté très actif dans le street art. Après le lycée, il a commencé à travaillé à Riverside sur des comics, des illustrations, des fresques murales et du design graphique. Puis, il est entré en 1999 au centre d'art de Pasadena.

Jeff SOTO, "Wild growth", 2005.

Depuis qu'il en est sorti, il a continué l'illustration et s'est lentement dirigé vers une création plus artistique. Ses peintures (essentiellement de l'acrylique sur bois) sont assez torturées et présentent toujours un conflit entre l'homme et la nature. Son monde est contrasté: d'un côté, on voit des ciels colorés, étoilés, bleus, verts, roses, des forêts lointaines, des mers de sel, des monstres enfantins, des créatures oniriques, des smileys en fourrure, mais on voit aussi des serpents menaçants, des tentacules luisants, des fanatiques cagoulés, des fumerolles toxiques, des symboles caballistiques, des avions en chute libre et des nuages d'orage.

Jeff SOTO, "I guess riverside is OK", 2006.

Maintenant, Jeff soto est un artiste établi entre pop-art et surréalisme. Il a publié un livre sur son travail ("Potato Stamp Dreams: The Art of Jeff Soto", Ed. Murphy Design, 2005) et son travail est visible dans de nombreuses publications: Juxtapoz, Giant Robot, Hi- Fructose, Art Prostitute, Lodown Magazine, American Illustration, ArtWeek, Print, Clutter, Communication Arts, etc.

Jeff SOTO, "Thunderclouds", 2007.

Il expose beaucoup, surtout aux Etats-Unis, mais il sera à la galerie Stolenspace à Londres en 2009. Evénement à ne pas rater car ses passages en Europe sont plutôt rares.

Liens utiles:
- Son site
- Son blog
- Une interview
- Potatostamp
- Stolenspace

Publié le 9 Avril 2008

Après le "Cloud" de Troika, voici un autre artiste qui a aussi la tête dans les nuages et qui porte un nom qu'il serait bon de retenir: Tom Lauerman. Car le jour où il traversera l'atlantique, on vous parlera forcément de lui. Et vous, vous pourrez dire que vous connaissez déjà son travail...

Tom Lauerman est un céramiste, non seulement par sa formation à la "Pilchuck Glass School" de Stanwood et à la "Cranbrook academy of Art" de Bloomfield Hills, mais aussi par son métier puisqu'il enseigne actuellement à l'école d'art de Chicago. Mais bien sûr, il ne faut pas confondre "céramique" et "poterie": Tom Lauerman ne fait pas (que) des pots de fleurs, des cendriers pour la fête des pères et des accessoires de cuisine ou de salle de bains, il fait aussi des nuages !

Tom Lauerman dans son atelier

Si certaines de ses sculptures font penser aux Nanas de Niki de Saint-Phalle qu'on aurait passées à la Javel, la démarche de Tom Lauerman est complètement différente: il cherche à donner une forme tangible à des choses qui n'ont pas de forme précise comme un groupe de nuages ou un son qui se propage. Il tente de figer des événements éphémères, qu'on voit sans vraiment les remarquer. Parmi ces travaux les plus récents, on trouve une série de sculptures sur les nuages:


"Cumulus Fractus"

Et le résultat est là. Qu'elles soient pleines ou perforées, ses céramiques massives inspirent tout le contraire de la loudeur. Elles sont légères, cotonneuses, paisibles et volatiles. La dureté du matériau laqué devient douceur et fragilité: pas la fragilité du verre qui casse, mais plutôt la fragilité de l'instant qui passe, la vulnérabilité. Comme Jennifer Maestre qui veut nous faire caresser des oursins, Tom Lauerman nous fait toucher l'insaisissable.

Mais parfois, il change totalement d'approche, et part d'un élément d'architecture comme une façade, un pont ou un escalier de secours pour en faire ressortir cette âme qu'on ne voit plus à force de trop la croiser. Pour en (sa)voir plus, le mieux est de suivre les liens ci-dessous. Mais une chose est sûre, rappelez-vous de son nom pour le jour où on vous en parlera. Le problème, c'est qu'il n'a pas encore prévu d'exposer en Europe, donc si vous tenez une galerie, invitez-le !

Liens utiles:
- sa page au sein du collectif "Telegraph"
- le blog du collectif "Telegraph"
- sa galerie Flickr

Publié le 6 Avril 2008


Inspirée en partie par Ernst Haeckel, Jennifer Maestre a pris le goût de faire des sculptures avec toutes sortes d'objets piquants. Mais puisqu'ils sont plus faciles à travailler que les clous, elle s'est focalisée sur les crayons de couleurs et le résultat est vraiment atypique.

"Eggs"

En associant des centaines de bouts de crayons, pointus d'un côté et lisses de l'autre, elle obtient des formes parfois oniriques, parfois très proches de créatures des fonds marins, qui rappellent d'ailleurs très clairement les gravures d'Ernst Haeckel: étoiles de mer, mollusques, cnidaires, éponges, anémones, nudibranches, cépholopodes... et toutes les formes étranges des abysses.

Illustration d'Ernst Haeckel

D'ailleurs, les noms de ses sculptures replongent l'observateur dans ce mélange de biologie marine et d'onirisme: Chimera, Ozma, Luna, Asteridae, Aurora, Terpsichore, Mother of Pearl, Perséphone (la déesse amie des Océanides, nymphes des mers), etc. Mais le plus surprenant vient des textures que ces bouts de crayon lui permettent d'obtenir. On se doute bien que cela permet de reproduire les piquants d'un oursin, comment obtenir le velouté d'une anémone ou la douceur d'un pelage ? Pourtant, c'est bien cette impression de tendresse qui ressort de la plupart de ses sculptures: on a envie de les caresser ! Qui voudrait caresser un cactus ?

"Asteridae"

Si vous voulez caresser ses étoiles de mer, malheureusement, il faudra aller à la Mobilia Gallery à Cambridge (MAssachussets, USA), car c'est essentiellement là-bas qu'elle expose. Par contre, vous pouvez ausi voir les bijoux qu'elle fabrique sur sa galerie Etsy.

Liens utiles:
- Son site perso
- Sa galerie de sculptures avec des crayons
- Sa galerie de sculptures avec des clous
- Une interview par Reuben Miller

Publié le 28 Octobre 2007

sims-portrait.jpgDifficile de faire un who's who des bidouilleurs sans inclure un des plus grands noms du domaine et l'inspirateur de beaucoup d'entre eux: Karl Sims. A la base, Karl Sims est un chercheur en infographie, mais il est devenu un artiste en utilisant avec brio les systèmes de particules et l'intelligence artificielle dans ces animations.

Karl Sims est né à Cambridge (Massachussets, USA) en 1962. Il a obtenu son master de sciences en 1987 au Media Lab du MIT bien sûr. Il a ensuite travaillé en tant qu'artiste résident pour Thinking Machines, une spin-off du MIT spécialisée dans le calcul massivement parallèle. Il entre ensuite chez Whitney/Demos Production où il développe de nouveaux algorithmes pour l'image de synthèse 3D sur un super-ordinateur conçu par Thinking Machines, le CM-2 (Connection Machine 2). Puis, il co-fonde Optomystic, une société de production d'image de synthèse, toujours dirigée par John Whitney de Whitney/Demos Production. Enfin, il dirige aujourd'hui GenArts, qui fournit des plug-ins pour les programmes de synthèse d'effets spéciaux de l'industrie du cinéma pour des films tels que: Le Seigneur des anneaux, X-men, Superman, Pitch Black, Star Trek...

Si une grande partie de son travail est dédiée à la synthèse d'images numériques, il s'est surtout fait connaître et reconnaître pour ses travaux liés à l'évolution et la sélection "naturelle" de créatures virtuelles. Sims est l'auteur de plusieurs articles scientifiques de référence sur les créatures virtuelles et l'évolution artificielle appliquée aux arts numériques. Ses créatures virtuelles utilisaient des réseaux de neurones pour traiter l'information qu'elles recevaient de différents capteurs et agir sur leurs muscles virtuels en fonction de leur environnement. Chaque créature avait ses mouvements propres (issus de l'évolution) et ceci a permis de faire émerger les modes de déplacement classique en fonction du milieu où elles vivent: la nage, le saut et une sorte de marche par petits bonds (la marche telle qu'on l'entend habituellement semble trop complexe pour apparaître vite au cours de l'évolution et nécessiterait de très nombreuses générations qui n'ont pas pu être calculées.).

De plus, différents types de créatures étaient réunis dans un même environnement afin de tester les effets de compétition par rapport à de la nourriture par exemple. Ceci a notamment permis de voir émerger le modèle de la Reine Rouge, trop compliqué à expliquer ici (Red queen effect, démorésilience). Ces principes d'évolution artificielle ont donné lieu à "Evolved Virtual Creatures" en 1994 (voir ci-dessous). En 1997, il crée "Galapagos" au centre de communication NTT à Tokyo, où il intègre l'interactivité: maintenant le spectateur peut sélectionner lui-même les créatures qu'il veut voir survivre et il peut provoquer des mutations.

Karl Sims a aussi appliqué ces principes d'évolution artificielle à des objets abstraits tels que des images, qui ne sont normalement pas soumises à une quelconque évolution. L'application d'algorithmes génétiques à des images a donnée lieu à "Primordial Dance", "Liquid Selves" et bien sûr "Genetic Images".

Pour tous ses travaux, Karl Sims a reçu une trentaine de prix dans des festivals internationaux dont 8 en 1992 pour "Primordial Dance" et "Liquid Selves". Il a notamment reçu 2 Golden Nicas au Festival Ars Electronica (1991 et 1992).


Tous ces travaux par ordre chronologique:

Interactive Video Kaleidoscope (1987)

Cette installation était un kaleidoscope à taille humaine qui générait des formes colorées en fonction des visages des spectateurs. Elle a été présentée au MIT, puis au SIGGRAPH à Atlanta en 1988, mais aucune image n'est disponible malheureusement.

Locomotion Studies (1987)

Très peu d'information disponible également sur ce projet qui date d'une époque où l'internet n'existait pas. Mais c'est quand même une phase importante dans les travaux de Sims, car il commence à s'intéresser aux mouvements de créatures virtuelles. Il n'y avait pas encore d'évolution mais déjà les contraintes d'un mouvement coordonné par plusieurs "muscles".

Particle Dreams (1988)

Karl Sims franchit une nouvelle étape et introduit les interactions dans ses simulations en travaillant avec des systèmes de particules. Il commence alors par les bases où ces interactions sont dues à des forces physiques telles que la gravitation autour d'une étoile, ou la chute libre dans un champ de gravité. Mais bien sûr, il ne s'arrête pas là et simule aussi des explosions, des chutes d'eau et une tempête de neige. De telles simulations sont très gourmandes en calcul (surtout en 1988), c'est donc pour cela qu'elles ont été réalisées sur la Connection Machine 2, du temps où il travaillait chez Optomystic.



Inner View (1989)

Rien de bien nouveau avec "Inner View", juste des améliorations sur la synthèse d'images en 3D.

Burning Logos (1989)

Pareil avec "Burning logos", juste une variation de "Particle Dreams" appliquée à la simulation du feu.

Excerpts from Leonardo's Deluge (1989)

Présentée au SIGGRAPH'89, cette vidéo annoncait le futur "Liquid Selves" 3 ans plus tard en développant des méthodes pour réaliser des chorégraphies d'images.

Panspermia (1990)

"Panspermia" est le premier carton de Karl Sims qui le fera connaître lors du SIGGRAPH'90 auprès du grand public. Ce court-métrage illustre la théorie de la panspermie, selon laquelle la vie se promène de planète en planète dans l'univers sous forme de germes ou de spores qui voyagent à travers les galaxies. Cette pièce maîtresse de la carrière de Karl Sims décrit le cycle depuis l'arrivée d'une graine sur une planète désertique jusqu'à l'éjection d'une nouvelle graine vers l'espace. Entre deux apparaissent les plantes, les arbres, les algues, les mollusques et la reproduction.

A l'aide d'un logiciel développé exprès pour ce film, Sims commence déjà à triturer l'évolution artificielle en l'appliquant aux plantes et aux arbres via des mutations numériques, mais l'aspect biologique-numérique n'apparaîtra que plus tard. Il inclut également de la simulation dynamique pour les mouvements et encore des systèmes de particules.

De manière assez surprenante, "Panspermia" est devenu le clip de "Planet Caravan" de Black Sabbath. Voici la version originales sans la musique de Black Sabbath:



Primordial Dance (1991)

"Primordial Dance" est une animation expérimentale créée à partir d'images basées sur des équations mathématiques qui évoluent image après image: le programme génère des images abstraites et le programmeur choisit celles qui vont survivre en fonction de leur esthétique. Les images survivantes et leur équation mathématique associée subissent alors des mutations, puis de nouvelles images sont générées et ainsi de suite, de génération en génération. Ensuite, le programme interpole entre ces générations pour créer l'animation finale:



Liquid Selves (1992)

D'un point de vue technique, "Liquid Selves" n'est qu'une compilation des prouesses précédentes de Karl Sims. D'un point de vue artistique, il s'agit plus d'une réflexion sur l'opposition possible entre les représentations réelle et virtuelle d'une même personne en fonction de l'évolution des technologies de communication. En voyant cette vidéo, il faut se rappeler qu'elle date de 1992: c'était les débuts d'internet et "Second Life" n'existait pas. Aujourd'hui (15 ans plus tard), tout le monde est conscient de la différence entre notre image réelle dans la vie de tous les jours et notre image virtuelle sur les blogs, dans les forums, etc.

Pour bien voir l'aspect précurseur de Karl Sims, voici une traduction d'une de ces déclarations: 

"Plus la technologie nous amène à l'âge des mondes virtuels, moins nous dépendons de nos corps physiques. Nos identités virtuelles deviennent de plus en plus puissantes et flexibles, mais aussi instables et difficiles à définir. Nous laissons nos visages physiques loin derrière et notre image n'est plus qu'un masque. Nos capacités à recevoir et générer des connaissances sont décuplées et ceci affectera l'évolution de notre civilisation, mais une conséquence possible est la destruction pure et simple de nos corps."




Genetic Images (1993)

"Genetic Images" est une installation interactive qui a notamment été présentée au centre Pompidou (mars-mai 1993) et qui se composait de 16 écrans disposés en arc de cercle, sur lesquels un super-ordinateur affichait des images crées sur les mêmes principes que "Primordial Dance". La différence majeure est l'interaction avec le spectateur: devant chaque écran était placé un tapis-capteur et la position du spectateur indiquait donc à l'ordinateur quelle était son image préférée. Ces images étaient donc sélectionnées pour générer une nouvelle génération suivant les principes de l'évolution digitale en modifiant légèrement les équations qui avaient permis de générer la première génération d'images.


Evolved Virtual Creatures (1994)

"Evolved Virtual Creatures" est sans aucun doute le travail le plus emblématique de Karl Sims du point de vue fondamental: il applique les lois d'évolution de Darwin à des populations de créatures virtuelles composées de plusieurs cubes. Un super-ordinateur a d'abord créé plusieurs centaines de créatures et chacune d'elle a été testée selon différents critères tels que l'aptitude au déplacement. Les créatures qui se révélaient les plus aptes étaient sélectionnées et recombinées pour produire une nouvelle génération. Ainsi, de génération en génération, certaines créatures sont devenues très évoluées, voire même aptes au combat...



Galápagos (1997)

Une fois la démonstration faite avec "Evolved Virtual Creatures", Karl Sims ne peut pas s'empêcher d'y inclure l'interactivité avec le spectateur et crée donc "Galapagos": 12 écrans présentent les créatures d'une génération et le spectateur choisit celles qui vont évoluer. Le résultat est surprenant de complexité. Malheureusement, il semble n'exister aucune vidéo de cette installation... Mais on peut voir toute une galerie des différentes créatures ainsi générées.



Liens utiles:

- Liste de travaux
- Le dossier de biota.org
- Sa page Wikipedia
- Un cours très complet sur la vie artificielle et l'évolution digitale.


Vidéos téléchargeables:

- Evolved virtual creatures (1994)
- Liquid Selves (1992)
- Primordial Dance (1991)
- Panspermia (1990)
- Particle Dreams (1988)

Publié le 27 Octobre 2007

SCADshorts est un projet artistique développé par les "Dandy Dwarves" (nains dandy) et soutenu par l'école d'art et de design de Savannah (USA). A l'origine, en 2002, les Dandy Dwarves étaient un groupe d'étudiants (Kevin Phillips, Josh Lind, etc.) qui ont monté une société de production pendant leurs études. Chacun de leurs court-métrages était conçu pour montrer le niveau et la diversité des talents de l'école de Savannah. Mais le résultat s'est avéré tellement efficace que le projet a perduré.

Désormais, chaque mois, le site SCADshorts publie une nouvelle vidéo aussi surprenante qu'inévitable. Certaines sont romanesques et vous racontent une histoire, comme celle du marin perdu qui parle à son pied démoniaque. D'autres sont beaucoup plus conceptuelles comme les deux présentées ci-dessous. Mais quels que soient leurs styles, elles valent le détour: visitez leur galerie Youtube absolument.

Orifice Chorifus



Pogo America

 

Liens utiles:

- leur galerie Youtube
- leur myspace