
Ben Fry est né au milieu des années 70. Il est diplômé de l’Ecole de Design de l’université Carnegie Mellon, avec une majeure en design graphique et une mineure en informatique. Il a ensuite fait un master, intitulé "
Organic information design" au
Medialab du MIT sous la direction de
John Maeda, qui devait être plutôt content de son jeune poulain puisqu'il l'a gardé pour sa thèse "
Computational information design", qu'il a soutenue en juin 2004, toujours au
Medialab. Et l'engouement n'est pas retombé, puisque Ben fry est actuellement assistant de recherche dans le groupe
Aesthetics & Computation Group au
Medialab encore...
Et pour cause ! Ce pur produit, estampillé
Maeda, est à la hauteur du maître. Naturellement, Ben Fry travaille sur le traitement graphique et la visualisation de l'information. Il ne fait pas seulement des histogrammes et des camemberts. Non! Lui, il préfère représenter l'impossible: l'information par dizaines de milliers de données. Et si ces données sont dynamiques, évoluent en temps réel et proviennent de différentes sources, il est encore plus content. Et il arrive à représenter ce flux gigantesque de données de la manière la plus naturelle qui soit. Ca, c'est le côté organique de son travail.

Il s'inspire donc des phénomènes qui régissent les processus naturels pour les transposer en routines de traitement de données. Il retrace ainsi l'arborescence dynamique d'un site internet et superpose à cette structure non seulement la popularité de chacune des pages, mais aussi la chemin des visiteurs, le tout donnnant une espèce d'anémone vivante et vibrante. Il est aussi capable de vous montrer d'un seul coup d'oeil comment le code source de son logiciel
Processing a évolué au cours des nombreuses versions depuis le lancement du projet.
Mais Ben Fry ne s'arrête pas à quelques dizaines de milliers de données, il est passé au milliard en s'attaquant au génôme via le projet HapMap. Ce consortium de 60 instituts à travers le monde cherche à tracer les variations et les héritages génétiques et doit donc traiter et représenter un nombre conséquent d'informations.
Et Ben Fry ne fait pas que représenter l'information, il crée aussi les outils pour que d'autres puissent le faire. C'est pour cette raison qu'il a créé
Processing avec Casey Reas (photo ci-dessous). C'est d'ailleurs avec
Processing qu'il fait un certain nombre de ses visualisations.

Mais alors, puisqu'on sait presque tout de lui, pourquoi y a-t-il un mystère Ben Fry ? Que diriez-vous d'un trentenaire aux goûts vestimentaires si personnels qui travaillait déjà pour
Sun Microsystems et
Netscape Communications pendant ses études, qui est désigné par la profession comme un des 40 jeunes designers d'avenir, qu'on peut voir au musée d'arts modernes à New-York (MOMA), qui reçoit des prix pour presque tout ce qu'il fait, qui illustre la couverture de
Nature, dont le travail apparaît dans des films comme
Minority report et
Hulk, et dont on ne trouve que 5 photographies sur internet (un vieux trombinoscope pendant ses études, la photo ci-dessus de dos au Medialab, une photo floue pendant une conférence, la photo ci-contre avec Casey Reas lorsque
Processing a reçu le golden Nica à
Ars Electronica en 2005 et un mini-portrait dans
Men's Health ! ) ? J... ne voit que deux explications: soit c'est un extraterrestre, soit il a une armée de clones.
Et pourquoi ne faut-il pas l'appeler Benjamin ? Parce que "Benjamin Fry" a plusieurs homonymes: un chercheur sur le cancer du poumon, un enseignant cinéaste, un pharmacien texan, un animateur radio du Yorkshire et un autre programmeur beaucoup plus conventionnel.
Liens utiles:
- La page de
Ben fry au MediaLab (non-remise à jour depuis fin 2004)
- Le site personnel de
Ben Fry (régulièrement à jour)
- L'article sur
Processing- Le site de
Processing- L'article sur
John Maeda- Le groupe
Aesthetics & Computation Group- Le site du
MediaLab du MIT
Commentaires