Le blog à J...

Là où on vous en dit beaucoup sur les arts graphiques actuels et les objets techniques futuristes, mais où on ne vous dit pas tout.

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Des "J... a fait"

Who's who in bidouille ?

Dimanche 15 janvier 2006
John Maeda est né en 1966 à Seattle. Il a passé son batchelor et son master of science au MIT en 1988 et son doctorat à l'université d'art et de design de Tsukuba au Japon en 1992.

Il est actuellement co-directeur du MediaLab au MIT, où il cumule les fonctions de professeur d'arts-média et sciences, et professeur de design numérique. Il est surtout directeur du groupe de recherche ACG (Aesthetics & Computation Group).

John Maeda est un artiste et un numéricien, qui ne voit pas seulement dans l'ordinateur un outil de remplacement des outils graphiques classiques mais un nouveau support artistique à part entière.

Son groupe de recherche Aesthetics & Computation Group, n'a cessé de recevoir des distinctions depuis sa création en 1996. Le groupe ACG travaille simultanément sur des application concrétes (via des expositions et des événements), sur des outils de création tels que Design By Numbers (qui a abouti à Processing, et qui va encore évoluer...) et sur des concepts tels que SIMPLICITY.

Evidemment, comme son nom l'indique, SIMPLICITY est un concept qui devrait être simple, mais il n'en est rien, sans doute parce que le concept n'est pas encore abouti. La preuve de sa complexité est visible sur le blog de Maeda: il y aura 16 lois pour définir le concept et aujourd'hui, seules les 13 premières sont visibles. C'est donc une affaire à suivre...

John Maeda réalise à titre personnel des expositions dans les plus grandes galeries d'art à travers le monde et est aussi l'auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages sur son travail. toutes les références sont présentées dans les liens suivants. Il est considéré comme une des personnalités mondiales capables de marquer l'histoire du 21ème siècle.

Liens utiles:
- Le site perso de John Maeda: Maedastudio
- Le blog sur SIMPLICITY par John Maeda
- Le groupe Aesthetics & Computation Group
- Le site du MediaLab du MIT
Par J...
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Dimanche 29 janvier 2006
Ben Fry est né au milieu des années 70. Il est diplômé de l’Ecole de Design de l’université Carnegie Mellon, avec une majeure en design graphique et une mineure en informatique. Il a ensuite fait un master, intitulé "Organic information design" au Medialab du MIT sous la direction de John Maeda, qui devait être plutôt content de son jeune poulain puisqu'il l'a gardé pour sa thèse "Computational information design", qu'il a soutenue en juin 2004, toujours au Medialab. Et l'engouement n'est pas retombé, puisque Ben fry est actuellement assistant de recherche dans le groupe Aesthetics & Computation Group au Medialab encore...

Et pour cause ! Ce pur produit, estampillé Maeda, est à la hauteur du maître. Naturellement, Ben Fry travaille sur le traitement graphique et la visualisation de l'information. Il ne fait pas seulement des histogrammes et des camemberts. Non! Lui, il préfère représenter l'impossible: l'information par dizaines de milliers de données. Et si ces données sont dynamiques, évoluent en temps réel et proviennent de différentes sources, il est encore plus content. Et il arrive à représenter ce flux gigantesque de données de la manière la plus naturelle qui soit. Ca, c'est le côté organique de son travail.

Il s'inspire donc des phénomènes qui régissent les processus naturels pour les transposer en routines de traitement de données. Il retrace ainsi l'arborescence dynamique d'un site internet et superpose à cette structure non seulement la popularité de chacune des pages, mais aussi la chemin des visiteurs, le tout donnnant une espèce d'anémone vivante et vibrante. Il est aussi capable de vous montrer d'un seul coup d'oeil comment le code source de son logiciel Processing a évolué au cours des nombreuses versions depuis le lancement du projet.

Mais Ben Fry ne s'arrête pas à quelques dizaines de milliers de données, il est passé au milliard en s'attaquant au génôme via le projet HapMap. Ce consortium de 60 instituts à travers le monde cherche à tracer les variations et les héritages génétiques et doit donc traiter et représenter un nombre conséquent d'informations.

Et Ben Fry ne fait pas que représenter l'information, il crée aussi les outils pour que d'autres puissent le faire. C'est pour cette raison qu'il a créé Processing avec Casey Reas (photo ci-dessous). C'est d'ailleurs avec Processing qu'il fait un certain nombre de ses visualisations.

Mais alors, puisqu'on sait presque tout de lui, pourquoi y a-t-il un mystère Ben Fry ? Que diriez-vous d'un trentenaire aux goûts vestimentaires si personnels qui travaillait déjà pour Sun Microsystems et Netscape Communications pendant ses études, qui est désigné par la profession comme un des 40 jeunes designers d'avenir, qu'on peut voir au musée d'arts modernes à New-York (MOMA), qui reçoit des prix pour presque tout ce qu'il fait, qui illustre la couverture de Nature, dont le travail apparaît dans des films comme Minority report et Hulk, et dont on ne trouve que 5 photographies sur internet (un vieux trombinoscope pendant ses études, la photo ci-dessus de dos au Medialab, une photo floue pendant une conférence, la photo ci-contre avec Casey Reas lorsque Processing a reçu le golden Nica à Ars Electronica en 2005 et un mini-portrait dans Men's Health ! ) ? J... ne voit que deux explications: soit c'est un extraterrestre, soit il a une armée de clones.

Et pourquoi ne faut-il pas l'appeler Benjamin ? Parce que "Benjamin Fry" a plusieurs homonymes: un chercheur sur le cancer du poumon, un enseignant cinéaste, un pharmacien texan, un animateur radio du Yorkshire et un autre programmeur beaucoup plus conventionnel.

Liens utiles:
- La page de Ben fry au MediaLab (non-remise à jour depuis fin 2004)
- Le site personnel de Ben Fry (régulièrement à jour)
- L'article sur Processing
- Le site de Processing
- L'article sur John Maeda
- Le groupe Aesthetics & Computation Group
- Le site du MediaLab du MIT
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Lundi 30 janvier 2006
Casey Reas est né en 1970 aux Etats-Unis. Il sort en 1996 de l'université de Cincinnati (DAAP) avec une formation en art et design. Après plusieurs postes de designer à New-York, il intégre en 1999 l'équipe de John Maeda au MediaLab du MIT pour y poursuivre sa formation. C'est alors qu'il décolle... et il n'a toujours pas atterri.

Pendant les deux années qu'il passe au MediaLab, Casey Reas fait la synthèse de sa formation en design et de son goût pour le dessin, les jeux vidéo et la programmation pour en faire émerger de nouveaux outils. Il développe des logiciels et des systèmes électroniques pour explorer de nouveaux domaines artistiques. Il crée d'abord des peintures digitales qui répondent à la souris ou au clavier. Ensuite, grâce à des capteurs, des caméras et des microphones, il conçoit des sculptures dynamiques et interactives, qui répondent ou évoluent de différentes manières en fonction des sons ou des gestes faits par les visiteurs. Son travail a bien sûr fait l'objet de plusieurs expositions à travers le monde. C'est au MediaLab qu'il rencontre Ben Fry avec qui il va lancer le projet Processing.

A l'automne 2001, Casey Reas quitte le MIT pour devenir enseignant au tout nouvel Institut de Design Interactif d'Ivrea près de Turin en Italie. Les deux ans qu'il passe à Ivréa lui permettent avec une vingtaine d'enseignants et de chercheurs de lancer les bases d'une pédagogie du design adaptée aux nouvelles technologies. En parallèle, il continue de développer Processing qui se destine en partie à devenir un outil de formation.

Après 2 ans en Italie, Casey Reas accepte un nouveau poste d'enseignant dans le département Design et Media à l'université de Californie de Los Angeles (UCLA), tout en restant associé à Ivrea.

Et pendant tout ce temps passé à droite à gauche, Casey Reas n'a jamais cessé de bidouiller des programmes qui dessinent des trucs. Ces trucs ne sont pas simples à qualifier. Ce sont parfois des mouvements, parfois des formes, toujours un peu semblables, mais toujours différentes. Des tâches de couleurs, des fontaines de particules, des dégradés de gribouillis, etc. Mais ceci n'est que la face visible de l'iceberg: toute la mécanique du dessin est cachée. Le dessin n'est que le reflet d'une propriété émergente d'un système virtuel en interactions multiples, une sorte d'automate cellulaire qui vit sa vie sans savoir que, devant l'ordinateur, il y a quelqu'un qui fait des captures d'écran.

Dans un sens, Casey Reas est un dieu qui photographie ses créations.

Liens utiles:

- les travaux de Casey Reas entre 2001 et 2004 sur GroupC
- le site actuel de Casey Reas
- la vidéo d'une conférence par Casey Reas à UCLA
- une interview au Siggraph 2004
- une interview pour Generative_Graphics_Portal (23 février 2005)
- le département Design et Media arts de l'UCLA
- le site super lent de l'institut de design d'Ivrea
- le groupe ACG du MediaLab du MIT
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Dimanche 26 février 2006
Jared Tarbell est né en 1973 à Albuquerque, sur les hauts plateaux désertiques du Nouveau Mexique aux Etats-Unis. Il s'est tout d'abord intéressé aux ordinateurs en voyant son père rédiger des jeux d'aventures. Il a alors commencé à squatter les machines de ses amis. En 1991, il s'achète sa première machine, au lieu de s'acheter une voiture.

Depuis, il n'a pas arrêté et son intérêt pour la programmation a augmenté avec la puissance de processeurs. Il a donc naturellement fait des études d'informatique à l'université du Nouveau Mexique, et puis... Et puis il est parti, et puis il est revenu à Albuquerque.

Mais qu'est-ce qu'il a fait pendant tout ce temps ? Il s'est fait un nom. Et quel nom ! Jared Tarbell est un des grands programmeurs d'art numérique, interactif, évolutionnaire, etc. Il est mondialement reconnu pour son travail avec Flash, et le langage Actionscript associé à Flash. Son site et les autres (voir liens ci-dessous) sont impressionnants: maîtrise du code, propreté du résultat, créativité... et liberté car la plupart de son travail est disponible en open source. Il fournit notamment tous les codes de ses travaux réalisés avec Processing et encourage les visiteurs à s'en servir comme base.

Une des idées qui le motive est le problème de la complexité (son site perso s'appelle d'ailleurs www.complexification.net): comment représenter les phénomènes complexes avec un minimum de code. On pourrait y voir un antagonisme avec les travaux de John Maeda (voir SIMPLICITY), mais certains de leurs travaux se rejoignent.

Aujourd'hui, Jared Tarbell fait partie du "Levitated Design & Code Studio". Il est aussi impliqué dans le Musée d'arts digitaux d'Austin, et il voyage autour du monde pour présenter son travail.

Liens utiles:

- le site perso de Jared Tarbell
- la galerie de son site avec plein de créations
- le site Levitated: ne ratez pas la galerie "open source"
- le site du Musée d'arts digitaux d'Austin
- le site Iospace
- Faites un tour aussi sur Etsy
- une interview pour Actionscript.com
- et une interview pour Kirupa.com
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Dimanche 16 avril 2006
James Paterson est né à Londres en 1980. A 8 ans, il déménage au Canada, où il fait ses études d'art et se spécialise dans les techniques d'impression. A 17 ans, il découvre Flash 2, et se rend compte qu'un ordinateur peut servir à autre chose qu'à jouer. Il commence donc à programmer des images.

Puis il part à New-York, crée son premier site Presstube. Au cours d'une conférence sur Flash à Londres, il rencontre Amit Pitaru, un pianiste de jazz devenu programmeur, qui se trouve être en fait un de ses voisins de Brooklyn. De cette rencontre naîtra une longue collaboration toujours d'actualité, un site commun Insertsilence.com inauguré en Août 2001 et tout un tas de projets tels que le projet "Pagan Poetry" avec Bjork (Album "Vespertine", 2001) et un projet avec Mick Jagger pour la chanson "Hide away" (Album "Goddess in the doorway", 2001). Aujourd'hui, James Paterson vit à Montréal et fait toujours la fierté de son père Robert, sa mère Robin et sa soeur Hope.

Mais que fait-il, en fait ? C'est de l'animation au trait, le tout placé dans Flash, ce qui permet de déformer, de bouger, de lacérer, de fusionner tout cela. A la base, les dessins sont plutôt basiques et intuitifs, mais quand vous en mettez plusieurs dizaines sur une même image et que vous les faites tourner avec un certain déphasage, vous obtenez un truc supplémentaire, une propriété émergente de ce chaos, comme un bruit blanc peut se faire silence.

Mais l'image ne suffit pas: James Paterson travaille en musique. Tout ce qu'il fait contient une bande son, souvent à base de musique électronique (ne lui parlez jamais de Fat Boy Slim, cela le rend... nerveux.). Ce besoin de musique est une des raisons de son travail avec Amit Pitaru. D'ailleurs, il arrive lorsqu'ils présentent publiquement leur collaboration que Pitaru s'installe au piano, pour improviser un set de jazz, qui agira en temps réel sur l'animation interactive programmée par Paterson.


Liens utiles: mettez vos plug-ins Flash à jour et branchez vos enceintes.

- Le site perso de James Paterson: Presstube
- Un diaporama de quelques oeuvres récentes
- Le site collaboratif avec Amit Pitaru: Insertsilence.com
- Le projet "Pagan Poetry" avec Bjork
- Le projet Codexseries
- Le site mégalo de Mick Jagger (allez dans Momentum et cliquez sur la boule vibrante "Hide away")
- Son travail pour Urban Desires 98


James Paterson a des homonymes: un écrivain américain contemporain, un historien anglais, un étudiant australien très engagé politiquement qui cite Voltaire dans ses interventions, un étudiant en robotique à Oxford, un écrivain anglais du XIXème siècle, le père du précédent (qui s'appelait aussi James, mais qui était fermier), un peintre écossais (1854-1932) qui a donné son nom au musée de Glasgow, un skieur australien plusieurs fois médaillé aux Jeux Paralympiques, un professeur de génie civil américain...
Par J...
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